Difficile de parler de Nils Petter Molvaer sans tomber dans
les clichés. Grands espaces, froids polaires… Les images
mentales que suscite Buoyancy,
le dernier album du trompettiste norvégien paru ce mois chez OKeh, ont une inévitable
coloration nordique. Mais il serait injuste de réduire ce nouvel opus à
un vague parfum scandinave.
Certes, Nils Petter Molvaer fuit la virtuosité,
ce qui lui donne des airs de grand sage glacé. Pas de solos vertigineux sur Buoyancy, le trompettiste préfère
les laisser à ceux qui aiment ça. Mais s'il économise ses
notes, il n’est pas avare de sons : entre effets de distorsion et
nappes psychédéliques, le soufflant brouille les pistes à
coups d’électronique. A tel point qu’il arrive parfois à
nous faire douter : est-ce une trompette trafiquée que nous
entendons, ou bien une guitare saturée ?